Mail envoyé par Fanny :
Voici quelques nouvelles de Benjamin:
Il habite à proximité d'une ville appelée la Brigue, à quelques minutes de la frontière italienne chez Gisèle et Pascal, deux hippies, vrai de vrai, des soixante huitard qui n'ont jamais abandonné leurs idées. Elle est infirmère de formation, et aujourd'hui responsable de toute la partie fromage de "l'exploitation". Lui, 19 ans en 1968, a tenté trois premières années de médecine avant de se lancer dans l'urbanisme, je crois, puis de fonder une première communauté dans le Vars, laquelle a implosé. Il a alors migré vers le Sud pour s'installer à la Brigue.
Côté élevage, il doit y avoir un joyeux mélange d'une centaine de bêtes, des brigasques, comme ont dit, avec quelques biques pour diversifier! C'est une race rustique, absolument pas calibrée pour la traite, ce qui procure quelques difficultés de manutention à Benjamin: il faut environ quinze jours pour bien maîtriser l'art de la traite. Pour l'instant, il arrive a récolter un demi seau quant il n'y a pas d'incidents (du style, une brebis qui renverse tout ou pire... )
D'après ce que dit Benjamin, le style de vie est assez simple et "nature": tout est chauffé et cuit au feu de bois dans une grande cheminée centrale... Du coup, il ne faut pas être pressé de petit-déjeuner le matin avant la traite! Pas d'éclairage, sinon de grosses bougies achetée en Italie qui donnent paraît-il une jolie lumière. La chambre est sous les comble, partagée à trois selon les jours, ou plutôt les nuits.
Après la première traite (il y en a deux par jour), c'est la conduite du troupeau en pâturage. Aidé par deux des quatre chiens, c'est depuis avant-hier Benjamin qui en est responsable: il faut conduire le troupeau d'un point à un autre, vers les vertes prairies. Ce n'est pas évident car les chiens ne sont pas encore trés habitués à recevoir ses ordre et accourent vers Pascal dés qu'il apparaît où qu'ils entendent sa voiture (ne me demande pas ce que c'est, je n'ai pas retenu!). A midi, il déjeûne d'un casse croûte et rentre l'après midi avec ou sans le troupeau, ça dépend si les brebis connaissent le chemin du retour et si le coin est sans dangers pour elles. Puis, on prépare la bergerie pour le retour, du foin, un mélange de céréales et vers 20h30 la deuxième traite. Après ça, repas du soir avec tous les autres (la quinzaine de personnes qui vont et viennent dans la communauté, qui s'occupent d'activités diverses, genre atelier de bois, association de construction selon les méthodes traditionnelles de la région etc.) et discussion animée sur l'état du monde et la manière d'améliorer les choses!
Benjamin a trouvé un joueur de banjo, je ne me souviens plus de son nom, un jeune qui s'occupe aussi de la bergerie avec lequel il s'entend bien.
La vie n'est pas sans dangers: un loup rôde dans les environs, il faut être vigilant! et contient son lot d'émotions fortes: dés le deuxième jour, deux agneaux ont été sacrifiés pour nourrir tout ce petit monde. Ca fait beaucoup de choses a raconter, certainement un énorme dépaysement pour Benjamin, mais il a l'air de bien s'y plaire, d'y trouver ses marques et un rythme moins stressant. (même si depuis deux jours le temps est à la pluie!) Mardi, il commence la formation théorique à Aix en Provence: lever à quatre heures du mat' pour être à 9 h là bas...
30 avril 2006
Vie quotidienne d'el Pistou
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