Lors de l'estive, la technique habituelle consiste à peindre un symbole sur le dos des mères et des agneaux. On parle de peguer les brebis. Comme les troupeaux sont mélangés pour former un gros troupiau qui montera tout d'un bloc dans les alpages, celà permet de différencier les bêtes selon les éleveurs.
Il arrive que la blessure au moment du marquage soit plus ennuyeuse que prévu : le complexe pharmatico-industriel à heureusement prévu dans son complot un remède à ceci. Voici un cliché d'une pharmacie de bergerie comme j'en ai vu dans toutes les autres bergeries que j'ai fréquenté, ce qui ne fait pas beaucoup du reste. On y trouve le matériel nécessaire pour entretenir le troupeau : désinfectant en bombe aérosol, compresses, pinces, paire de forces pour dégager la toison autour d'une plaie, sécateur à onglons...
Et à propos de parer les onglons, ce qui se traduit chez nous par "couper les ongles", voici un cliché de l'ami Julien, aide-berger dans la Tinée, ancien vendeur de frites au bord de l'étang de Hollande, dans la région de Rambouillet où il a appris à marcher et à aimer les petits oiseaux (et la montagne, parce que la forêt de Rambouillet offre quelques pentes, non mais), en train de parer un bélier mérinos de l'école du Merle, à Salon-de-Provence.
Attraper ces petits béliers pas du tout coopérants fut un moment consacré à apprendre comment manipuler un animal de quelques dizaines de kilos monté sur ressorts. Pour l'asseoir afin qu'il se tienne tranquille jusqu'à le relacher dans le troupeau après l'avoir marqué, la technique vise à éviter de se faire embrocher par les bannes d'icelui ou de ses congénères.
Parer se fait normalement au sécateur à onglons, mais le plus souvent, les éleveurs y vont à l'opinel, meilleur moyen d'y laisser un doigt et de blesser l'animal. Ce propos surprendra sans doute ceux qui savent à quel point l'opinel est une institution pour moi, mais en l'occurence, il n'est utile qu'en cas d'urgence à mon avis.
Cette opération permet d'éviter que l'animal se retrouve avec la corne qui lui transperce les petits petons. Elle a lieu d'autant plus souvent que l'animal tanque dans des prés ou des bergeries. Une brebis qui marche entre un quart d'heure et une demi heure sur du bitûme ou des cailloux se passe la plupart du temps de parage.
Parce que parer est également utile en cas de blessure : pour traiter une attaque de piétain, par exemple, ou rééquilibrer une bête qui a usé inégalement ses onglons à la suite d'une boiterie.






