12 décembre 2007

Réchauffage, suite et fin : les autres

Il y a eu pagaille d'autres rencontres qui alimenteraient ces pages d'humanité bergère, mais je n'ai pas de portraits de tout le monde.

Toutefois, vous n'échapperez pas à Gene, surnommé ainsi parce qu'elle se prénommait Geneviève et qu'elle nous a ramené un soir une rouille de génépy maison qui n'a pas passé la nuit. Ancienne bergère, elle est passée à la formation pour des raisons de santé lui empêchant de retrouver la montagne, au CFPPA du Merle. Avec elle, on a découvert la plaine de la Crau, le triage des moutons, le marquage, la taille des onglons, la pose d'une clôture électrique, le débrousaillage...et surtout, on a passé des super moments. Parce que le reste, ça s'apprend beaucoup au fur et à mesure.

Si vous aviez le temps, vous apprendriez qu'il y avait à la Brigue tout un groupe de jeunes, issus de la communauté installée vers la fin des années 70.
Yann (voir en bas de page sur le lien. Cherchez-le dans google, vous serez surpris !), Marie, Grisha, Solsticia, et d'autres encore dont les prénoms refusent de me revenir à la mémoire, des bohémiens arrivés là un jour puis adoptés comme Hugues, le grand vendéen marrant, des expatriés tel Nino, grand rital qui jouait de l'accordéon comme on peigne les cheveux d'un enfant, etc.
Une bonne part de cette troupe s'est réunie dans une association, les Récampouns (signification locale jouant sur la tradition et le fait de ne pas être du lieu), qui s'occupe de restaurer selon des méthodes traditionnelles des baraques, des murs et des chemins. Par ailleurs, ils ont monté un petit commerce de bois, qui consiste à abattre les mélèzes puis les débiter en planches sur un banc de scie à ruban mobile.

Et puis il y a des gens comme lui, Michel, le bourguignon au passé obscur, Karl, l'Indien itinérant et mystique, des gens venus d'ailleurs pour vivre un peu loin des ennuis dans la montagne, et qui viennent parfois passer un moment avec vous, partager un repas et alimenter la conversation...

Enfin, il y a quelques autres bergers, Denis du Var, aperçu tantôt, et un certain berger de Tende qui m'a accueilli simplement à sa table, un soir que je repartais définitivement vers Paris ; à l'époque, il avait une autre bergère de l'APPAM, Aurélie. Cette dernière garde désormais l'été à Champoléon, l'hiver ailleurs.

Réchauffage : détour à Turini

On change à la fois de région, puisqu'on passe de l'autre côté de la montagne, et de bergers. Il s'agit cette fois ce chevriers, fromagers donc comme la très grande majorité des chevriers (la chèvre, c'est mangeable en saucisses, ou grillées comme au Cameroun mais là, il faut s'adresser à la spécialiste directement), installés à l'année sur un col de montagne surplombant Nice.

Si vous cherchez le bled, il faut viser Sospel, Moulinet, l'Escaren, Peïra Cava (ce dernier étant le plus proche). Le col de Turini est célèbre pour ça, mais pas forcément pour longtemps encore...

Ils partagent la montagne l'été avec les vachers de l'Authion, où ils ont gardé il y a une dizaine d'années de celà, après avoir gardé au dessus de Casterino. A voir à l'Authion, le fort et Cabanes-Vieilles, restes de la présence italienne ainsi qu'un char américain sans son canon, repêché au fond d'un ravin...

Alain est originaire de la région de Compiègne, spécialiste en soudures complexes et fan de ferraille ; Martine est fille d'agriculteurs beaucerons.

Le dimanche après-midi avait lieu le marché du fromage, puisque c'est le jour où les touristes en Porsche Cayenne et cabriolet BMW (même une Ferrari ! Italie oblige) déboulent pour découvrir les autochtones et les charmes pittoresques des villages reculés au dessus de Nice et Menton. Pour les autochtones, précisément, je crois qu'ils ne sont pas déçus.
Le stand jouxtait celui de Sophie Brats, qui vendait ses légumes et des confitures en tous genres avec sa marmaille, dans un J5 bariolé (elle a osé revendre un VW T3 Syncro pour acheter cette chose insipide !...).


Alain à la fabrication du fromage ; en l'occurence, un départ pour des frais, demi-frais ou crottins.

Réchauffage : escale estive à Champoléon

Dans le contrat de l'APPAM, il y a ce module de préparation à l'estive qui se fait en même temps que le module des bergers du CFPPA du Merle. Pour eux, c'est la dernière étape avant l'estive et la remise du diplôme.

Il se déroule à Champoléon, au coeur du Parc Naturel des Ecrins. Dans ce village, une ancienne ferme typique est en cours de restauration pour devenir la Maisons des Bergers, un musée interactif et un centre de formation autour du métier d'éleveur transhumant.

Commençons ce florilège par un illustre berger. Lui, si vous le rencontrez, dites-lui bonjour et écoutez-le. C'est le célèbre André Leroy, qui garde au Saut-du-Layre, au dessus d'Orcières, dans le Parc National des Ecrins. Il travaille encore beaucoup avec le CERPAM (Centre d'Etude et de Réalisation Pastorales Alpes-Maritimes) sur le fonctionnement d'une estive, l'organisation des pâturages, c'est une encyclopédie pédagogique du métier de berger à lui tout seul. Et doux comme un agneau, naturellement (par contre, si vous le suivez en montagne, accrochez-vous, il est increvable).

Qu'elle me pardonne ce que j'accroche son prénom, je crois qu'elle se nommait Eyleen. Elle s'est installée en association avec Olivier Bel, ce berger qui a mis en place le module de préparation à l'estive avec Michelle Jallet du CFPPA du Merle, où l'on rencontre notamment André Leroy. Pendant la formation de Champoléon, elle secondait Olivier pour répondre à nos questions d'apprenants-bergers.

Puisqu'on en parle, j'en présente un bout : voici Pascal, Marie (CFPPA) et Jamel (APPAM) en marche sur l'estive encore enneigée au mois de juin 2006, durant la rencontre avec André Leroy. Passages assez cocasses sur une neige encore épaisse qui donnait sur une belle pente à ne pas dévaler.

Dans nos rencontres de Champoléon, il y a eu également ce jeune berger, qui entamait sa seconde montagne et qui prévoyait de faire la formation du Merle l'année d'après...son estive, assez vicieuse avait un flanc consacré au ski l'hiver, un autre flanc recouvert de forêt et une partie ondoyante qui empêche de voir l'intégralité du troupeau. Avec par dessus le marché une cabane en béton grande comme un clapier à lapin.

Pour clore cette partie "préparation à l'estive dans le Parc des Ecrins", passage incontournable et passionnant par le Garde du Parc. Me demandez pas son nom, je n'en sais rien. Il est venu avec un barda de jumelles sur pied, on a observé les chamois se prélassant sur les névés, les aigles et les marmottes (qu'on appelle ici les dormillousses). Ils nous a également montré les restes des avalanches de l'hiver, des fouillis d'arbres enchevêtrés et de neige sale, dont nous avons parcouru certaines portions qui recouvraient notre chemin. Attention à ces pièges : le torrent parfois coule en dessous et fragilise l'épaisseur. Badaboum !

Réchauffage : Michaël de Tende

Vous pensez lire le début, ben c'est raté ! Vous lisez la suite du message précédent. C'est comme ça.

Je vous présente, entre autre, Michaël, un berger de Tende qui est né dans une famille "classique" et qui a été contaminé par le virus de l'élevage très jeune. Achetant sa première brebis à l'âge de douze ans, il n'aura de cesse par la suite d'agrandir son troupeau, de trouver des vieilles granges pour les parquer, le temps de travailler (dans le bois, entre autres) et d'avoir assez d'artiches pour se constituer un troupeau digne de ce nom et qui lui permette de vivre. Terminologiquement, c'est un moutonnier en ce sens qu'il est sur le circuit viande, à la différence des laitiers.

Michaël et Braguette en pleine discution. Braguette est un vieux berger, Michaël un jeune. Entre les deux, le pastaga et la passion des brebis sont un ciment.


La femme de Braguette, qui a partagé dans l'ombre - comme nombre de ces femmes d'agriculteurs et d'éleveurs - la vie au rythme des troupeaux de son mari.


Sur ce versant qui surplombe Tende, Michaël allait et venait entre sa cabane et le troupeau avec son C15, empruntant des pistes raides et truffées de souches, puis surveillait pensivement les brebis éparpillées ou allait couper du bois (ou traquer le loup).

11 décembre 2007

Un peu d'humanité pour réchauffer l'hiver venant

Bonjour à les gens, bonjour à les bêtes, bonjour à les droits de l'homme.

Et si on parlait un peu d'humanité ? Un peu de bergers, pour une fois ?...

Voici les présentations.

Commençons par les premiers servis, c'est à dire Pascal et Gisèle de la Brigue.

Voici Gisèle, devant la gare de Saint-Dalmas-de-Tende - si vous avez l'occasion, jetez un oeil un jour sur ce bâtiment fantasque construit par Mussolini, abandonné, transformé en centre de création artistique alternatif par une bande de jeunes devenus bergers dans les villages alentours, puis muré en attente d'un nouveau sort - un matin où l'on a redescendu le troupiau de Denis, berger du Var et vieux pote de Pascal (deuxième photo, au bigo derrière Pascal) depuis la cabane de Michaël, de l'autre côté de Casterino.

Le bonhomme de droite avec un peu de barbe et un peu de cheveux, c'est Pascal. Des fois que vous le confondriez avec un VRP de l'industrie pétro-chimique. A gauche, c'est bête mais je ne me rappelle plus son nom ; c'est un vieux bonhomme de 80 piges qui vit dans sa bétaillère tuning avec son petit caniche noir. Il a une femme quelque part mais il n'a jamais pu lâcher son métier de transporteur de bestiaux. Alors bénévolement, contre un repas et un coup de rouquin, il transhume les animaux des uns et des autres qu'il a vu grandir.

27 avril 2007

Doublons de tofs

Les plus observateurs et assidus d'entre-vous auront remarqué quelques doublons de photos, par rapport à des posts de l'an passé.

Effectivement, on retrouve la même photo de Pédro, du petit-déjeuner ou du troupeau dans le pré, par exemple.

Il n'y a rien a gagner à ce jeu.

Je vais faire de mon mieux pour que vous ayez la nouveauté sans cesse renouvellée ainsi qu'il vous a été habitué d'attendre dans notre moche société du jetable et de la consommation.

D'avance, merci de votre compréhensivité.

La journée d'un (aide-)berger

Voici comment peut se dérouler une journée type d'un aide-berger autonome au mois de mai.

Au moment de ces photos, dont l'auteur n'est autre que Fanny pas encore partie ni revenue du Cameroun, nous sommes encore "en bas", à la Brigue. La transhumance aura lieu dans trois ou quatre jours. Il fait déjà une bonne température, mais la météo connaîtra quelques fluctuations surprenantes quelques jours après...

La journée commence donc par le petit-déjeuner, comme tout un chacun, afin de parer à une matinée de marchounette. A cette hauteur, on est dans du colinéen et les parcours offrent un dénivellé très modéré.


Suit alors la préparation de la besace moderne. Il faut y coller un tout petit nécessaire, logiquement constitué d'un couteau, de ficelle, d'une trousse de premiers secours, et de plein de petit matériel pour être comme Mc Gyver hyper à l'aise dans la montagne. Encore une fois, dans la montagne, on y est guère, de sorte que le sac se contente de porter le déjeuner - sommaire - et de quoi écrire, dessiner, flûter.


Vous profiterez de cette photo pour admirer le matelas laissé à ma disposition à même le plancher - comme tout le monde du reste - et situé juste à côté de la trappe d'accès, d'où l'on voit dépasser l'échelle.

Je vous avoue qu'il y a un terme de pays pour "besace moderne" mais que, momentanément, il m'échappe complètement. Si vous avez des idées...

C'est l'attente du départ. Les animaux ont été traits, j'attend de savoir par où les emmener. A cette époque, Pascal me laisse la responsabilité du troupiau ; juste il m'indique où les faire travailler. C'est d'autant plus instructif de se retrouver seul à la tête de tout ces petits animaux taquins.


Le matin au départ, Pedro aime bien se faire gratouiller le crâne. Réglisse se contente d'une caresse ; si ce n'est pas suffisant, elle tend la patte. Les brebis et les chèvres sont au sel, une gourmandise qui, distribuée le matin, permet - théoriquement - de les approcher, d'en rattraper certaines si besoin.


Puis le départ est donné. D'abord, il faut dévaler la colline, poursuivi par des brebis sans freins, puis traverser le pré aux pommiers qui longe la route en bas. Ce jour-là, direction la Brigue, il faut les emmener au-dessus de la maison de retraite.


Longue marche sur la route. Il faut veiller à ce qu'il n'y ait pas trop de bêtes qui partent sur les côtés. Parfois, elles feront un détour ravageur dans un champs de patates ou un pré interdit...un coup de chien et tout rentre dans l'ordre (mon oeil).


Le plus difficile sur route n'est pas de croiser, mais d'être dépassé. Ceux qui ont déjà eu la chance (hors accouchement imminent) de devoir traverser un troupeau savent qu'à dépasser, c'est pénible. On n'ose pas trop aller vite, de peur de se prendre un coup de bâton sur les ailes par l'énergumène chevelu qui braille après son chien, alors les brebis redébordent, on freine en craignant de leur casser une patte, et quand enfin on a réussi, on s'arrête dix mètres plus loin pour faire une photo. Avant d'avoir pu armer, le troupeau est déjà re-autour de la voiture et le berger vous fusille du regard.

Bien sûr, si celà vous arrive, n'ayez pas peur d'avoir un peu de détermination à passer, sans forcer non plus, et surtout, évitez de bêêêêêler par la fenêtre ouverte, tout le monde le fait et un jour les brebis vont vous répondre, vous verrez comme c'est ridicule.


Une fois les brebis envoyées dans la colline, le berger consciencieux les regarde longuement pour être sûr que ces gerces ne vont pas immédiatement redescendre quand vous aurez le dos tourné pour cavaler dans le village ou je ne sais où. Il est alors onze heure du matin, tranquillement, l'aide-berger va rejoindre sa planque d'où il pourra surveiller les déplacement du troupeau aux jumelles, assis à l'ombre et tranquille. Un bon hurlement d'un côté de la vallée suffit à faire tourner un troupeau qui s'aventurerait où il ne faut pas. Héééheyyyyyyy !!!

04 janvier 2007

Quelques soins aux bêtes

Puisque j'évoque dans le précédent message le bouclage, allons plus loin dans les techniques de repérage des animaux.

Lors de l'estive, la technique habituelle consiste à peindre un symbole sur le dos des mères et des agneaux. On parle de peguer les brebis. Comme les troupeaux sont mélangés pour former un gros troupiau qui montera tout d'un bloc dans les alpages, celà permet de différencier les bêtes selon les éleveurs.

Néanmoins, dans la Crau notamment, la tradition veut que les agneaux soient marqués à l'aide d'une découpe de l'oreille, ce qui permet de les repérer toute l'année. Grâce à une pince magique, l'éleveuse (en l'occurence, sur la photo) pose sa marque qui sera différenciée entre éleveurs en fonction de l'emplacement et du nombre d'encoches triangulaires effectuées.

Si la pratique semble un peu rustique pour le confort auriculaire de l'animal, il s'avère que l'heureux porteur de cette marque se remet à gambader joyeusement cinq minutes après l'intervention. Toutefois, l'Europe veille au grain et cette pratique barbare va bientôt être interdite.

A vous de faire la part des choses entre le maintien d'une tradition et le bouclage technocratique européen en ce qui concerne l'influence sur le bien-être animal.


Il arrive que la blessure au moment du marquage soit plus ennuyeuse que prévu : le complexe pharmatico-industriel à heureusement prévu dans son complot un remède à ceci. Voici un cliché d'une pharmacie de bergerie comme j'en ai vu dans toutes les autres bergeries que j'ai fréquenté, ce qui ne fait pas beaucoup du reste. On y trouve le matériel nécessaire pour entretenir le troupeau : désinfectant en bombe aérosol, compresses, pinces, paire de forces pour dégager la toison autour d'une plaie, sécateur à onglons...



Et à propos de parer les onglons, ce qui se traduit chez nous par "couper les ongles", voici un cliché de l'ami Julien, aide-berger dans la Tinée, ancien vendeur de frites au bord de l'étang de Hollande, dans la région de Rambouillet où il a appris à marcher et à aimer les petits oiseaux (et la montagne, parce que la forêt de Rambouillet offre quelques pentes, non mais), en train de parer un bélier mérinos de l'école du Merle, à Salon-de-Provence.

Attraper ces petits béliers pas du tout coopérants fut un moment consacré à apprendre comment manipuler un animal de quelques dizaines de kilos monté sur ressorts. Pour l'asseoir afin qu'il se tienne tranquille jusqu'à le relacher dans le troupeau après l'avoir marqué, la technique vise à éviter de se faire embrocher par les bannes d'icelui ou de ses congénères.

Parer se fait normalement au sécateur à onglons, mais le plus souvent, les éleveurs y vont à l'opinel, meilleur moyen d'y laisser un doigt et de blesser l'animal. Ce propos surprendra sans doute ceux qui savent à quel point l'opinel est une institution pour moi, mais en l'occurence, il n'est utile qu'en cas d'urgence à mon avis.
Cette opération permet d'éviter que l'animal se retrouve avec la corne qui lui transperce les petits petons. Elle a lieu d'autant plus souvent que l'animal tanque dans des prés ou des bergeries. Une brebis qui marche entre un quart d'heure et une demi heure sur du bitûme ou des cailloux se passe la plupart du temps de parage.

Parce que parer est également utile en cas de blessure : pour traiter une attaque de piétain, par exemple, ou rééquilibrer une bête qui a usé inégalement ses onglons à la suite d'une boiterie.

03 janvier 2007

Le drogage des mérinos

Les mérinos se droguent ! Ou plus exactement, "on" les drogue, à coup de vitamines, pour bien qu'ils soient en forme, les petits agneaux qu'on va retrouver ensuite dans son écuelle. Les scènes suivantes se déroulent dans une ferme ovine de la Crau, juste à côté de Saint-Martin-de-Crau, en juin 2006.

Tout d'abord, il les faut trier, les pitis agneaux, par chiffres le plus souvent, marqué sur le dos autour des estives, et sur les fameuses boucles le reste de l'année. Pour résumer à propos des boucles : il faut boucler chaque oreille de chaque animal avec un bout de plastique orange acheté auprès de la Chambre d'Agriculture, sauf erreur de ma part, boucle qui comporte des tas de chiffres utiles à la traçabilité.

Cette technique remplace le tatouage d'une oreille, méthode jugée parfois illisible et risquée, des fois que l'agneau perdrait une oreille, bref, mais présente deux inconvénients : les boucles tombent plus que les oreilles, leur poids "casse" les oreilles si on boucle trop jeunes les bêtes (d'où le 'tip-tag', mini boucle provisoire) elles sont en plastique et polluent quand on les perd en montagne, et surtout, elle infligent deux blessures dont la cicatrisation peut rapidement s'accompagner de complication de type arthrites etc., qui déforment le pauvre animal et le rendent impropre à la vente...sans parler des douleurs.

Revenons à nos moutons, justement. Voici deux photos du tri.

Les personnages sont les suivants, de gauche à droite : une stagiaire bac pro, l'éleveuse, Jamel, aide-berger, une véritable légende chez les éleveurs ovins des Alpes-Maritimes, et la bergère que vous allez retrouver ci-dessous.

Voici ensuite le drogage proprement dit. Alors que les musclés aides-bergers font passer les agneaux entre les claids, une bergère non moin musclée qui répond au doux nom de...Fanny, hé oui (c'est par ailleurs le seul point vraiment commun des deux personnages) enfonce l'embout de son pistolet drogueur dans le gosier du malheureux animal.
Enfin, malheureux...restons méfiants. J'y reviens après que vous aurez observé de vos yeux ébaubis ce spectacle édifiant de technicité et de...bon, j'envoie les photos.

La jeune bergère qui aide Fanny, c'est Aurélie, de Lyon. Pas tout à fait de Lyon, d'ailleurs, mais d'un bled à chapeaux à côté de Lyon, que si vous en dites du mal elle vous fera la tête au carré parce qu'elle est gentille mais quand même. Vous pouvez la croiser dans la Roya où elle travaille en ce moment même avec les bêtes à laine. Plus tard, d'ailleurs, elle se verrait bien élever des moutons à laine dans son pays.

Toutes les photos présentées ici, sauf indications contraires, n'ont pas été retouchées par ordinateur (hors recadrage éventuel).