Il se déroule à Champoléon, au coeur du Parc Naturel des Ecrins. Dans ce village, une ancienne ferme typique est en cours de restauration pour devenir la Maisons des Bergers, un musée interactif et un centre de formation autour du métier d'éleveur transhumant.
Commençons ce florilège par un illustre berger. Lui, si vous le rencontrez, dites-lui bonjour et écoutez-le. C'est le célèbre André Leroy, qui garde au Saut-du-Layre, au dessus d'Orcières, dans le Parc National des Ecrins. Il travaille encore beaucoup avec le CERPAM (Centre d'Etude et de Réalisation Pastorales Alpes-Maritimes) sur le fonctionnement d'une estive, l'organisation des pâturages, c'est une encyclopédie pédagogique du métier de berger à lui tout seul. Et doux comme un agneau, naturellement (par contre, si vous le suivez en montagne, accrochez-vous, il est increvable).
Qu'elle me pardonne ce que j'accroche son prénom, je crois qu'elle se nommait Eyleen. Elle s'est installée en association avec Olivier Bel, ce berger qui a mis en place le module de préparation à l'estive avec Michelle Jallet du CFPPA du Merle, où l'on rencontre notamment André Leroy. Pendant la formation de Champoléon, elle secondait Olivier pour répondre à nos questions d'apprenants-bergers.
Puisqu'on en parle, j'en présente un bout : voici Pascal, Marie (CFPPA) et Jamel (APPAM) en marche sur l'estive encore enneigée au mois de juin 2006, durant la rencontre avec André Leroy. Passages assez cocasses sur une neige encore épaisse qui donnait sur une belle pente à ne pas dévaler.
Dans nos rencontres de Champoléon, il y a eu également ce jeune berger, qui entamait sa seconde montagne et qui prévoyait de faire la formation du Merle l'année d'après...son estive, assez vicieuse avait un flanc consacré au ski l'hiver, un autre flanc recouvert de forêt et une partie ondoyante qui empêche de voir l'intégralité du troupeau. Avec par dessus le marché une cabane en béton grande comme un clapier à lapin.
Pour clore cette partie "préparation à l'estive dans le Parc des Ecrins", passage incontournable et passionnant par le Garde du Parc. Me demandez pas son nom, je n'en sais rien. Il est venu avec un barda de jumelles sur pied, on a observé les chamois se prélassant sur les névés, les aigles et les marmottes (qu'on appelle ici les dormillousses). Ils nous a également montré les restes des avalanches de l'hiver, des fouillis d'arbres enchevêtrés et de neige sale, dont nous avons parcouru certaines portions qui recouvraient notre chemin. Attention à ces pièges : le torrent parfois coule en dessous et fragilise l'épaisseur. Badaboum !

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