04 janvier 2007

Quelques soins aux bêtes

Puisque j'évoque dans le précédent message le bouclage, allons plus loin dans les techniques de repérage des animaux.

Lors de l'estive, la technique habituelle consiste à peindre un symbole sur le dos des mères et des agneaux. On parle de peguer les brebis. Comme les troupeaux sont mélangés pour former un gros troupiau qui montera tout d'un bloc dans les alpages, celà permet de différencier les bêtes selon les éleveurs.

Néanmoins, dans la Crau notamment, la tradition veut que les agneaux soient marqués à l'aide d'une découpe de l'oreille, ce qui permet de les repérer toute l'année. Grâce à une pince magique, l'éleveuse (en l'occurence, sur la photo) pose sa marque qui sera différenciée entre éleveurs en fonction de l'emplacement et du nombre d'encoches triangulaires effectuées.

Si la pratique semble un peu rustique pour le confort auriculaire de l'animal, il s'avère que l'heureux porteur de cette marque se remet à gambader joyeusement cinq minutes après l'intervention. Toutefois, l'Europe veille au grain et cette pratique barbare va bientôt être interdite.

A vous de faire la part des choses entre le maintien d'une tradition et le bouclage technocratique européen en ce qui concerne l'influence sur le bien-être animal.


Il arrive que la blessure au moment du marquage soit plus ennuyeuse que prévu : le complexe pharmatico-industriel à heureusement prévu dans son complot un remède à ceci. Voici un cliché d'une pharmacie de bergerie comme j'en ai vu dans toutes les autres bergeries que j'ai fréquenté, ce qui ne fait pas beaucoup du reste. On y trouve le matériel nécessaire pour entretenir le troupeau : désinfectant en bombe aérosol, compresses, pinces, paire de forces pour dégager la toison autour d'une plaie, sécateur à onglons...



Et à propos de parer les onglons, ce qui se traduit chez nous par "couper les ongles", voici un cliché de l'ami Julien, aide-berger dans la Tinée, ancien vendeur de frites au bord de l'étang de Hollande, dans la région de Rambouillet où il a appris à marcher et à aimer les petits oiseaux (et la montagne, parce que la forêt de Rambouillet offre quelques pentes, non mais), en train de parer un bélier mérinos de l'école du Merle, à Salon-de-Provence.

Attraper ces petits béliers pas du tout coopérants fut un moment consacré à apprendre comment manipuler un animal de quelques dizaines de kilos monté sur ressorts. Pour l'asseoir afin qu'il se tienne tranquille jusqu'à le relacher dans le troupeau après l'avoir marqué, la technique vise à éviter de se faire embrocher par les bannes d'icelui ou de ses congénères.

Parer se fait normalement au sécateur à onglons, mais le plus souvent, les éleveurs y vont à l'opinel, meilleur moyen d'y laisser un doigt et de blesser l'animal. Ce propos surprendra sans doute ceux qui savent à quel point l'opinel est une institution pour moi, mais en l'occurence, il n'est utile qu'en cas d'urgence à mon avis.
Cette opération permet d'éviter que l'animal se retrouve avec la corne qui lui transperce les petits petons. Elle a lieu d'autant plus souvent que l'animal tanque dans des prés ou des bergeries. Une brebis qui marche entre un quart d'heure et une demi heure sur du bitûme ou des cailloux se passe la plupart du temps de parage.

Parce que parer est également utile en cas de blessure : pour traiter une attaque de piétain, par exemple, ou rééquilibrer une bête qui a usé inégalement ses onglons à la suite d'une boiterie.

03 janvier 2007

Le drogage des mérinos

Les mérinos se droguent ! Ou plus exactement, "on" les drogue, à coup de vitamines, pour bien qu'ils soient en forme, les petits agneaux qu'on va retrouver ensuite dans son écuelle. Les scènes suivantes se déroulent dans une ferme ovine de la Crau, juste à côté de Saint-Martin-de-Crau, en juin 2006.

Tout d'abord, il les faut trier, les pitis agneaux, par chiffres le plus souvent, marqué sur le dos autour des estives, et sur les fameuses boucles le reste de l'année. Pour résumer à propos des boucles : il faut boucler chaque oreille de chaque animal avec un bout de plastique orange acheté auprès de la Chambre d'Agriculture, sauf erreur de ma part, boucle qui comporte des tas de chiffres utiles à la traçabilité.

Cette technique remplace le tatouage d'une oreille, méthode jugée parfois illisible et risquée, des fois que l'agneau perdrait une oreille, bref, mais présente deux inconvénients : les boucles tombent plus que les oreilles, leur poids "casse" les oreilles si on boucle trop jeunes les bêtes (d'où le 'tip-tag', mini boucle provisoire) elles sont en plastique et polluent quand on les perd en montagne, et surtout, elle infligent deux blessures dont la cicatrisation peut rapidement s'accompagner de complication de type arthrites etc., qui déforment le pauvre animal et le rendent impropre à la vente...sans parler des douleurs.

Revenons à nos moutons, justement. Voici deux photos du tri.

Les personnages sont les suivants, de gauche à droite : une stagiaire bac pro, l'éleveuse, Jamel, aide-berger, une véritable légende chez les éleveurs ovins des Alpes-Maritimes, et la bergère que vous allez retrouver ci-dessous.

Voici ensuite le drogage proprement dit. Alors que les musclés aides-bergers font passer les agneaux entre les claids, une bergère non moin musclée qui répond au doux nom de...Fanny, hé oui (c'est par ailleurs le seul point vraiment commun des deux personnages) enfonce l'embout de son pistolet drogueur dans le gosier du malheureux animal.
Enfin, malheureux...restons méfiants. J'y reviens après que vous aurez observé de vos yeux ébaubis ce spectacle édifiant de technicité et de...bon, j'envoie les photos.

La jeune bergère qui aide Fanny, c'est Aurélie, de Lyon. Pas tout à fait de Lyon, d'ailleurs, mais d'un bled à chapeaux à côté de Lyon, que si vous en dites du mal elle vous fera la tête au carré parce qu'elle est gentille mais quand même. Vous pouvez la croiser dans la Roya où elle travaille en ce moment même avec les bêtes à laine. Plus tard, d'ailleurs, elle se verrait bien élever des moutons à laine dans son pays.

Toutes les photos présentées ici, sauf indications contraires, n'ont pas été retouchées par ordinateur (hors recadrage éventuel).

31 décembre 2006

Les chiens de troupeau : photos commentées

Voici donc Colline, dans un demi-repos, scrutant les mouvements des brebis d'un oeil et ceux du berger de l'autre pour pouvoir réagir à tout instant.

Photo prise dans un pré non loin de la "Piscine", lieu ainsi appellé parce qu'il est situé à côté d'une ancienne pizzeria-discothèque, la Piscine, vieux bâtiment militaire italien reconverti dans les années soixante-dix en boîte de nuit avec une grande piscine en contrebas, puis fermé pour cause de présence de drogue et magouilles immobilières du propriétaire du lieu.

Pascal m'a dit y avoir dansé dans sa jeunesse, et j'ai rencontré le fameux propriétaire, mafioso franco-italien décati dans sa vieille Merco-Benz, qui revend ce lieu fascinant.

L'intérieur de la baraque est encore rempli des tables, des chaises et des lampes colorées ; la piscine, vide, ne demande qu'à être restaurée et remise en route...

Pour l'anecdote, le troupeau venant régulièrement effectuer une halte pour tondre l'ancienne pelouse, il arrive que quelque bête saute dans la piscine par le bord le moins haut, et s'y retrouve coincée. Le berger doit alors l'en faire ressortir à l'aide de mille ruses et surtout des quelques planches qui trainent dans le coin. Ainsi fut-ce mon cas avec la chèvre dénommée...Plouf.

Voici Réglisse, navigant silencieusement au milieu de ses "soeurs". Ces chiens ont gardé la particularité, encore plus exprimée chez les loups et les chiens encore très proches du loup, de pouvoir parcourir les troupeaux sans que ceux-ci ne bougent une oreille. Pour tout novice ou touriste qui a déjà tenté d'approcher un troupeau en dehors de la bergerie, celà tient du prodige...Chez Réglisse, il faut toutefois reconnaître que les brebis et elle se pratiquent depuis un petit moment aussi.

La masse imposante de Pedro, lors de l'envoi du troupeau le matin, par la route qui relie le quartier Cianese, où est située la bergerie, au village de la Brigue, à un ou deux kilomètres. Crédit : Fanny

A Cianese, devant la bergerie, Pedro se laisse un instant gratouiller le crâne. Le gros ours vient comme ça chercher de l'affection puis repart comme il est venu, indépendant et maître du territoire jusqu'au bout des ongles. Il faut le voir au milieu de la route, bloquant un camion qu'il estime être sur le territoire qu'il a à défendre...et le regard impressionant de reproche qu'il lance au berger qui lui hurle de dégager le plancher. Crédit : Fanny

Hé oui, c'est la Bouboule ! La photo a été prise un matin à Casterino, alors que le troupeau prenait doucement de l'altitude. Ce jour-là, Bouboule a décidé de suivre sa môman Réglisse, ce qui donnera lieu à une aventure que je vous narrerai ultérieurement...

Les chiens du troupeau : florilège

Je vous rappelle les noms, spécifications et affectations :

  • Colline : femelle labrit de Provence, cinquième génération, lignée suivie depuis trente ans chez ces bergers - chien de conduite de troupeau
  • Réglisse : femelle montagne des Pyrénées, patoune - chien de protection face aux loups et aux cyclistes
  • Pedro : mâle montagne des Pyrénées, patou - chien de protection aussi, assez affectueux malgré un gabarit dissuasif ; peut avoir des sautes d'humeur vis-à-vis des brebis...a déjà amoché un loup
  • Bouboule : femelle patoune, née à l'estive sur le Mont Bégo, fille légitime de Pedro et de Réglisse - coule des jours heureux dans une ferme en Lozère, attachée à la protection du troupeau

Vous rencontrerez également sur ce blog :

  • Balto, mâle border-collie blanc affecté à la conduite du troupeau de chèvres de Turini
  • Merlin, mâle border-collie de Michaël, le plus beau (et le plus exclusif !) des chiens de conduite que j'ai alors pu voir au travail en montagne
  • Belle, patoune protégeant le troupeau de brebis allaitantes de Michaël

Et si on parlait troupeau ?...

Mêêêêê pourquoi pas. Connaissez-vous la brebis brigasque ?...

J'en étais sûr. Alors ouvrez bien vos yeux, vous allez découvrir l'une des plus belle brebis que vous n'ayez jamais vue.

Il faut se rappeller qu'il y a un paquet d'années de cela, les animaux d'élevage n'étaient pas calibrés et spécialisés comme ceux d'aujourd'hui. Prenez les vaches, pour l'exemple : bien que la tendance diminue un chouïa ces dernières années (ouf !), quelle vache envahit encore les prés pour nous fournir en lait d'un bout à l'autre du pays ? La Prim'Holstein, cette européenne noir et blanc qui peut produire jusqu'à cinquante litres de lait par jour !!!

Or, jusqu'avant guerre, avant l'insémination artificielle et, il faut le dire, avant la disparition en France des disettes, les animaux étaient devenus, à force de croisements et de sélections, spécifiques à chaque région de France et de Navarre. Poules, moutons, brebis, vaches, chèvres, cochons, avaient des caractères liés à la culture et à la géographie de leur région.

La brebis brigasque est une rescapée de cette aventure. Brebis laitière autant que brebis à viande, sa constitution robuste, ses longues pattes fines, sa toison épaisse, qui en font un animal plus proche visuellement de la chèvre que de l'ovin, lui permettent d'affronter sans peur ni reproche les rigueurs de l'hiver montagnard, les pentes rocailleuses, les longues transhumances et lui font préférer gratter trois herbes entre les cailloux plutôt qu'un pré gras et dodu - qu'elles ne refusent toutefois pas au printemps, comme le prouve la photo ci-dessus, prise à la Brigue en mai 2006.

Il y a, dans cette région, trois formes générales de sonnailles : les redons, comme celui ci-dessus, les platelles et les picons. Les platelles sont de forme rectangulaire, les picons sont de petites clochettes au tintement aigu. On trouve aussi des grelots, tintinabulant joyeusement au cou des chevrettes ou des agnelles qui, plus tard, seront susceptibles de mener le troupeau.

30 décembre 2006

L'ex-berger fait les niveaux : précisions sur ce qu'était la Vie...

Les propos précédents émanaient de ma petite et dévouée soeur - dont je vous recommande la lecture des blogs, non pas qu'elle me paye pour faire sa pub, mais parce que vous y passeriez un agréable moment - qui a tenté de retranscrire le peu d'informations que je daignais lui passer. De sorte qu'il en reste sur la fin l'impression que j'ai vécu dans un milieu tout à fait sordide et lamentable.

J'aimerais réajuster ces propos, par égard aux éleveurs et à la vérité.

Commençons par admirer le paysage qui s'offrait à mes yeux lors des gardes. Chez Pascal et Gisèle, je partais le matin vers neuf ou dix heures, après la traite. Colline, Pedro et Réglisse accompagnaient toujours la troupe ondulante et pressée d'aller vers les pâturages. Ce cliché a été pris en fin de matinée. Parti plus tard que d'habitude de la maison, j'avais eu conseil (jamais d'ordre !) de partir derrière la maison, de grimper et de suivre, en fait, le troupiau qui connaît tellement mieux que quiconque la pampa. Arrivé à une bonne hauteur, j'ai immortalisé ce paysage de bas sommet (environ 1.000 à 1.500 mètres au dessus du niveau de la mer) qui marque la frontière italienne, au fond. La maison et la bergerie se situent sur le versant invisible qui regarde la route de fond de vallée, au centre.

Je vous invite à observer, au premier plan, les restanques encore visibles, qui marquent dans un paysage qui reprend ses droits le passage, un jour, de femmes et d'hommes qui ont modelé la montagne pour y cultiver de quoi se nourrir. Les collines de la Brigue sont ainsi parsemées de ces terrasses magnifiques, retenues par des murs de pierres sèches que les brebis et les animaux sauvages font tomber petit à petit ; et de loin en loin, on déniche entre deux buissons une cabane en pierre, parfois une simple ruine, parfois le toit est encore là. Dans ce secteur, il s'en trouve encore une où il y a un coffre en bois, des ustensiles de cuisine rouillés, quelques bouteilles, et deux ou trois outils de jardin. Il faut aujourd'hui une bonne heure pour y accéder au travers de la végétation.

L'ex-berger vient raconter ses souvenirs

En réalité, je vais surtout vous innonder de photos que j'accompagnerai de commentaires légers et frais qui vous permettront de mieux en comprendre le sens et l'intérêt.

Mais d'abord, commençons par un clin d'oeil. Voici un petit véhicule que j'avais rencontré le jour où j'ai passé mon entretien d'embauche à l'APPAM, l'organisme qui m'a permis de vivre cette drôle d'aventure. Il était garé en bord de Méditerrannée, entre Nice et Antibes, un petit VW T2 Westfalia en dentelles de rouille, avec sa bonne bouille de camion hippie qui a vu du pays et du monde.

Quelques mois plus tard, à l'occasion d'un interlude en région parisienne, Fanny et moi craquons pour l'Escargot Fringant, T3 bicolore auquel nous destinons une aventure semblable, la rouille en moins. Vous pouvez, en attendant le blog de l'Escargot, retrouver Fanny.

02 octobre 2006

Echange de bons procédés

Alors que Benjamin termine son expérience alpine, sa fiancée Fanny, déjà évoquée à plusieurs reprises dans ce blog, débute la sienne, au nord du Cameroun. Les billets, mis à jour selon les disponibilités techniques et les informations communiquées, sont rédigés (avec adresse) par Benjamin lui-même. S'il risque d'y avoir un peu de silence, pendant l'absence montagnarde du rédacteur, vous pouvez d'ores et déjà consulter les premières impressions.

29 septembre 2006

Suite et fin

Vendredi 29 septembre 2006 : Benjamin reprend la route pour les Alpes, où il accomplira un mois de travail, en accord avec les éleveurs, avant de rompre le contrat. Il reviendra donc sur Paris fin octobre, et réfléchit déjà à ses futures activités.

18 septembre 2006

Démission

Revenu à Paris pour préparer le départ de sa compagne Fanny au Cameroun, Benjamin songe très fortement à démissionner de son emploi de berger en formation. Il semblerait que la manière avec laquelle ces quatre mois et demi se sont déroulés dépasse ce qui est imaginable.

Alors que la Lettonie est le premier pays d'Europe à équiper ses villes du Wi-Fi, qu'une étudiante au Chili a accès à l'Internet et à l'Intranet dans son université, et que Fanny au Cameroun aura un téléphone portable et accès à l'Internet, Benjamin, dans les Alpes françaises, était coupé du monde et circulait dix minutes en voiture avant de trouver du réseau pour son téléphone.

De plus, nous savions déjà que les conditions hygiéniques et alimentaires (absence de toilettes et de salle de bains, repas aux asticots et mouches...) rattrapaient le principe de l'éclairage à la bougie dans une vision moyennageuse de la vie, mais les éleveurs délivraient de surcroît des fromages non contrôlés, sans droit de présence sur les marchés.

D'autres évènements que Benjamin n'a pas encore décrits lui font voir le monde d'un autre oeil. Comme il le dit, nul besoin d'aller à l'autre bout du (tiers-)monde pour cela, 600km dans un pays défenseur des Droits de l'Homme (et du salarié) suffisent.

Je vous tiens au courant de l'évolution de la décision, et j'essaye d'obtenir plus d'informations sur la vie alpine.

23 août 2006

Silence radio, et reportage télé

Voilà quelques moments que je n'ai pas mis de message sur ce blog, faute de temps, d'une part, faute de nouvelles, d'autre part. Ce que je retiens des infos grapillées dans le vent, par ci et par là, c'est l'immense sentiment de solitude auquel est actuellement confronté Benjamin. Sujet paradoxalement prolifique dont j'aurai peut-être l'occasion de parler lorsque j'aurai revu le berger, qui remonte pour trois semaines de congé début septembre. Alors, en attendant, patience... et comptez les moutons, ça vous aidera!

Récemment, sur Arte, a été diffusé un documentaire sur la formation d'un jeune berger dans les Pyrénées. Le résultat est très proche de celui de Benjamin (entre les Alpes et les Pyrénées, les animaux ne varient guère), et seul le loup alpin se change en ours pyrénéen.
Je regrette toutefois qu'Arte ne fasse que du... Arte, avec tout ce que cela sous-entend concernant le ton donné au reportage. Malgré tous les efforts de la chaîne, les bergers modernes restent des barbus gigacapillaires pas très propres, atteints de marginalité bénigne générale, et qui accusent le loup et l'ours de nombre de leurs pertes et omettant les oh! combien plus nombreux chiens errants. On s'attend même à ce que le journaliste, soucieux de donner la juste information, demande au berger : "Et ça vous ennuie, quand une de vos bêtes meurt?" Bref, ne manquent que la flûte (on a eu droit aux chansons locales et à l'accordéon, c'est un moindre mal) et le berger chapeauté assis sous l'arbre, et le reportage pour les naïfs urbains que nous sommes est parfait.

28 juillet 2006

Aquarelles

Ci-dessous, une série d'aquarelles prêtées par les biomanes du berger.
J'espère renouveller la série!

N'oubliez pas de mettre la musique, juste en-dessous de l'horloge...


Petite souris Posted by Picasa

Dialogues en alpages Posted by Picasa

Souris au banjo Posted by Picasa

Autoportrait avec Biberon Posted by Picasa

Le facteur Posted by Picasa

Lolotte (chevre sans cornes) Posted by Picasa

Bi-twin Posted by Picasa

26 juillet 2006

Brebis, c'est fini... pour le moment!

Benjamin, pour une période allant jusqu'à début septembre, a quitté ses brebis, mais, rassurez-vous, il ne chôme pas. Comme il est employé par un groupement d'éleveurs alpins, il doit changer de temps à autre de troupeau durant sa formation. Il travaille donc actuellement auprès de Martine, fille d'agriculteurs beaucerons, et Alain, ancien soudeur de Beauvais, installés depuis 5 ans à l'Escaren, avec leurs filles jumelles et leur garçon.

Benjamin s'occupe de 80 chèvres laitières, aidé par un border blanc, Balto, un berger australien, et un batard, Fanny, que notre berger préfère nommer Spootnik...
La première traite, le matin, sert à former la tomme, qui a un caillé rapide. Au lait tiré le soir, on ajoute quelques gouttes de présure (environ 20 gouttes pour 50L), une enzyme agissant dans la coagulation, et on le presse 12h plus tard afin d'en former de petits fromages. Contrairement au fromage de brebis du précédent élevage, le lait n'est pas cuit. De plus, les chèvres ont une période de lactation qui s'étend du 15 février au 15 novembre, on ne trouve donc pas de produit fermier à base de chèvre en hiver.

Les chèvres sont paraît-il très aimables, allant jusqu'à poser la tête sur l'épaule affectueusement à l'heure de la traite. La journée se partage en deux sorties différentes, l'une le matin avant le déjeuner, et une autre à partir de 15h environ, jusqu'au soir. Le repas de midi se prend donc "en famille", et les plus urbains seront ravis d'apprendre que les mouches et leurs asticots s'invitent également à table. Bon apport protidique.

Pour ce qui est du logement, Benjamin bénéficie de l'électricité et de l'eau chaude, et dort à part, dans une petite caravane. Il trouve cependant peu de temps pour lire ou dessiner, et son activité principale reste la rédaction de lettres illustrées que certaines personnes de la famille ont déjà reçues. A l'occasion, je vous ferai partager les aquarelles qu'il joint à ces récits.