29 septembre 2006
Suite et fin
Vendredi 29 septembre 2006 : Benjamin reprend la route pour les Alpes, où il accomplira un mois de travail, en accord avec les éleveurs, avant de rompre le contrat. Il reviendra donc sur Paris fin octobre, et réfléchit déjà à ses futures activités.
18 septembre 2006
Démission
Revenu à Paris pour préparer le départ de sa compagne Fanny au Cameroun, Benjamin songe très fortement à démissionner de son emploi de berger en formation. Il semblerait que la manière avec laquelle ces quatre mois et demi se sont déroulés dépasse ce qui est imaginable.
Alors que la Lettonie est le premier pays d'Europe à équiper ses villes du Wi-Fi, qu'une étudiante au Chili a accès à l'Internet et à l'Intranet dans son université, et que Fanny au Cameroun aura un téléphone portable et accès à l'Internet, Benjamin, dans les Alpes françaises, était coupé du monde et circulait dix minutes en voiture avant de trouver du réseau pour son téléphone.
De plus, nous savions déjà que les conditions hygiéniques et alimentaires (absence de toilettes et de salle de bains, repas aux asticots et mouches...) rattrapaient le principe de l'éclairage à la bougie dans une vision moyennageuse de la vie, mais les éleveurs délivraient de surcroît des fromages non contrôlés, sans droit de présence sur les marchés.
D'autres évènements que Benjamin n'a pas encore décrits lui font voir le monde d'un autre oeil. Comme il le dit, nul besoin d'aller à l'autre bout du (tiers-)monde pour cela, 600km dans un pays défenseur des Droits de l'Homme (et du salarié) suffisent.
Je vous tiens au courant de l'évolution de la décision, et j'essaye d'obtenir plus d'informations sur la vie alpine.
Alors que la Lettonie est le premier pays d'Europe à équiper ses villes du Wi-Fi, qu'une étudiante au Chili a accès à l'Internet et à l'Intranet dans son université, et que Fanny au Cameroun aura un téléphone portable et accès à l'Internet, Benjamin, dans les Alpes françaises, était coupé du monde et circulait dix minutes en voiture avant de trouver du réseau pour son téléphone.
De plus, nous savions déjà que les conditions hygiéniques et alimentaires (absence de toilettes et de salle de bains, repas aux asticots et mouches...) rattrapaient le principe de l'éclairage à la bougie dans une vision moyennageuse de la vie, mais les éleveurs délivraient de surcroît des fromages non contrôlés, sans droit de présence sur les marchés.
D'autres évènements que Benjamin n'a pas encore décrits lui font voir le monde d'un autre oeil. Comme il le dit, nul besoin d'aller à l'autre bout du (tiers-)monde pour cela, 600km dans un pays défenseur des Droits de l'Homme (et du salarié) suffisent.
Je vous tiens au courant de l'évolution de la décision, et j'essaye d'obtenir plus d'informations sur la vie alpine.
23 août 2006
Silence radio, et reportage télé
Voilà quelques moments que je n'ai pas mis de message sur ce blog, faute de temps, d'une part, faute de nouvelles, d'autre part. Ce que je retiens des infos grapillées dans le vent, par ci et par là, c'est l'immense sentiment de solitude auquel est actuellement confronté Benjamin. Sujet paradoxalement prolifique dont j'aurai peut-être l'occasion de parler lorsque j'aurai revu le berger, qui remonte pour trois semaines de congé début septembre. Alors, en attendant, patience... et comptez les moutons, ça vous aidera!
Récemment, sur Arte, a été diffusé un documentaire sur la formation d'un jeune berger dans les Pyrénées. Le résultat est très proche de celui de Benjamin (entre les Alpes et les Pyrénées, les animaux ne varient guère), et seul le loup alpin se change en ours pyrénéen.
Je regrette toutefois qu'Arte ne fasse que du... Arte, avec tout ce que cela sous-entend concernant le ton donné au reportage. Malgré tous les efforts de la chaîne, les bergers modernes restent des barbus gigacapillaires pas très propres, atteints de marginalité bénigne générale, et qui accusent le loup et l'ours de nombre de leurs pertes et omettant les oh! combien plus nombreux chiens errants. On s'attend même à ce que le journaliste, soucieux de donner la juste information, demande au berger : "Et ça vous ennuie, quand une de vos bêtes meurt?" Bref, ne manquent que la flûte (on a eu droit aux chansons locales et à l'accordéon, c'est un moindre mal) et le berger chapeauté assis sous l'arbre, et le reportage pour les naïfs urbains que nous sommes est parfait.
Récemment, sur Arte, a été diffusé un documentaire sur la formation d'un jeune berger dans les Pyrénées. Le résultat est très proche de celui de Benjamin (entre les Alpes et les Pyrénées, les animaux ne varient guère), et seul le loup alpin se change en ours pyrénéen.
Je regrette toutefois qu'Arte ne fasse que du... Arte, avec tout ce que cela sous-entend concernant le ton donné au reportage. Malgré tous les efforts de la chaîne, les bergers modernes restent des barbus gigacapillaires pas très propres, atteints de marginalité bénigne générale, et qui accusent le loup et l'ours de nombre de leurs pertes et omettant les oh! combien plus nombreux chiens errants. On s'attend même à ce que le journaliste, soucieux de donner la juste information, demande au berger : "Et ça vous ennuie, quand une de vos bêtes meurt?" Bref, ne manquent que la flûte (on a eu droit aux chansons locales et à l'accordéon, c'est un moindre mal) et le berger chapeauté assis sous l'arbre, et le reportage pour les naïfs urbains que nous sommes est parfait.
28 juillet 2006
Aquarelles
Ci-dessous, une série d'aquarelles prêtées par les biomanes du berger.
J'espère renouveller la série!
N'oubliez pas de mettre la musique, juste en-dessous de l'horloge...
J'espère renouveller la série!
N'oubliez pas de mettre la musique, juste en-dessous de l'horloge...
26 juillet 2006
Brebis, c'est fini... pour le moment!
Benjamin, pour une période allant jusqu'à début septembre, a quitté ses brebis, mais, rassurez-vous, il ne chôme pas. Comme il est employé par un groupement d'éleveurs alpins, il doit changer de temps à autre de troupeau durant sa formation. Il travaille donc actuellement auprès de Martine, fille d'agriculteurs beaucerons, et Alain, ancien soudeur de Beauvais, installés depuis 5 ans à l'Escaren, avec leurs filles jumelles et leur garçon.
Benjamin s'occupe de 80 chèvres laitières, aidé par un border blanc, Balto, un berger australien, et un batard, Fanny, que notre berger préfère nommer Spootnik...
La première traite, le matin, sert à former la tomme, qui a un caillé rapide. Au lait tiré le soir, on ajoute quelques gouttes de présure (environ 20 gouttes pour 50L), une enzyme agissant dans la coagulation, et on le presse 12h plus tard afin d'en former de petits fromages. Contrairement au fromage de brebis du précédent élevage, le lait n'est pas cuit. De plus, les chèvres ont une période de lactation qui s'étend du 15 février au 15 novembre, on ne trouve donc pas de produit fermier à base de chèvre en hiver.
Les chèvres sont paraît-il très aimables, allant jusqu'à poser la tête sur l'épaule affectueusement à l'heure de la traite. La journée se partage en deux sorties différentes, l'une le matin avant le déjeuner, et une autre à partir de 15h environ, jusqu'au soir. Le repas de midi se prend donc "en famille", et les plus urbains seront ravis d'apprendre que les mouches et leurs asticots s'invitent également à table. Bon apport protidique.
Pour ce qui est du logement, Benjamin bénéficie de l'électricité et de l'eau chaude, et dort à part, dans une petite caravane. Il trouve cependant peu de temps pour lire ou dessiner, et son activité principale reste la rédaction de lettres illustrées que certaines personnes de la famille ont déjà reçues. A l'occasion, je vous ferai partager les aquarelles qu'il joint à ces récits.
Benjamin s'occupe de 80 chèvres laitières, aidé par un border blanc, Balto, un berger australien, et un batard, Fanny, que notre berger préfère nommer Spootnik...
La première traite, le matin, sert à former la tomme, qui a un caillé rapide. Au lait tiré le soir, on ajoute quelques gouttes de présure (environ 20 gouttes pour 50L), une enzyme agissant dans la coagulation, et on le presse 12h plus tard afin d'en former de petits fromages. Contrairement au fromage de brebis du précédent élevage, le lait n'est pas cuit. De plus, les chèvres ont une période de lactation qui s'étend du 15 février au 15 novembre, on ne trouve donc pas de produit fermier à base de chèvre en hiver.
Les chèvres sont paraît-il très aimables, allant jusqu'à poser la tête sur l'épaule affectueusement à l'heure de la traite. La journée se partage en deux sorties différentes, l'une le matin avant le déjeuner, et une autre à partir de 15h environ, jusqu'au soir. Le repas de midi se prend donc "en famille", et les plus urbains seront ravis d'apprendre que les mouches et leurs asticots s'invitent également à table. Bon apport protidique.
Pour ce qui est du logement, Benjamin bénéficie de l'électricité et de l'eau chaude, et dort à part, dans une petite caravane. Il trouve cependant peu de temps pour lire ou dessiner, et son activité principale reste la rédaction de lettres illustrées que certaines personnes de la famille ont déjà reçues. A l'occasion, je vous ferai partager les aquarelles qu'il joint à ces récits.
04 juillet 2006
Camping
Voici le dernier achat de Benjamin, un Volkswagen diesel de 1988 dont le moteur a été remplacé il y a trois ans. Ce véhicule, courant chez les bergers, lui servira de toit pendant quelques mois dès septembre, date à laquelle il changera régulièrement de lieu et d'éleveur.
L'accelérateur est au plancher, et le levier de vitesse débute avec la marche arrière, ce qui inverse le schéma habituel, mais la prise en main est facile, et la position de conduite amusante.
Certes, certains d'entre vous ont déjà noté, ou noteront, que notre militant pour la préservation de l'environnement vient de faire une entorse à la règle. Il a obtenu ce véhicule a prix bas, il lui reste d'ailleurs le contrôle technique et le remplacement des plaquettes de frein à effectuer, entre autres.
Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas.
L'accelérateur est au plancher, et le levier de vitesse débute avec la marche arrière, ce qui inverse le schéma habituel, mais la prise en main est facile, et la position de conduite amusante.
Certes, certains d'entre vous ont déjà noté, ou noteront, que notre militant pour la préservation de l'environnement vient de faire une entorse à la règle. Il a obtenu ce véhicule a prix bas, il lui reste d'ailleurs le contrôle technique et le remplacement des plaquettes de frein à effectuer, entre autres.
Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas.
23 juin 2006
Photos de Cianèse
Fanny et Benjamin ont rapporté des photographies prises en mai dernier à Cianèse*, avant la transhumance. Vous pouvez désormais savoir à quoi ressemblent les brebis de Benjamin, vous faire une idée du paysage et du lieu de vie, et découvrir l'art de la traite!
Vous pouvez effectuer la visite en musique grâce au lecteur (une piste) installé dans la partie droite.
Bonne excursion!
*voir billets de mai, et billet "Cianèse"
Vous pouvez effectuer la visite en musique grâce au lecteur (une piste) installé dans la partie droite.
Bonne excursion!
*voir billets de mai, et billet "Cianèse"
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