Les mérinos se droguent ! Ou plus exactement, "on" les drogue, à coup de vitamines, pour bien qu'ils soient en forme, les petits agneaux qu'on va retrouver ensuite dans son écuelle. Les scènes suivantes se déroulent dans une ferme ovine de la Crau, juste à côté de Saint-Martin-de-Crau, en juin 2006.
Tout d'abord, il les faut trier, les pitis agneaux, par chiffres le plus souvent, marqué sur le dos autour des estives, et sur les fameuses boucles le reste de l'année. Pour résumer à propos des boucles : il faut boucler chaque oreille de chaque animal avec un bout de plastique orange acheté auprès de la Chambre d'Agriculture, sauf erreur de ma part, boucle qui comporte des tas de chiffres utiles à la traçabilité.
Cette technique remplace le tatouage d'une oreille, méthode jugée parfois illisible et risquée, des fois que l'agneau perdrait une oreille, bref, mais présente deux inconvénients : les boucles tombent plus que les oreilles, leur poids "casse" les oreilles si on boucle trop jeunes les bêtes (d'où le 'tip-tag', mini boucle provisoire) elles sont en plastique et polluent quand on les perd en montagne, et surtout, elle infligent deux blessures dont la cicatrisation peut rapidement s'accompagner de complication de type arthrites etc., qui déforment le pauvre animal et le rendent impropre à la vente...sans parler des douleurs.
Revenons à nos moutons, justement. Voici deux photos du tri.


Les personnages sont les suivants, de gauche à droite : une stagiaire bac pro, l'éleveuse, Jamel, aide-berger, une véritable légende chez les éleveurs ovins des Alpes-Maritimes, et la bergère que vous allez retrouver ci-dessous.
Voici ensuite le drogage proprement dit. Alors que les musclés aides-bergers font passer les agneaux entre les claids, une bergère non moin musclée qui répond au doux nom de...Fanny, hé oui (c'est par ailleurs le seul point vraiment commun des deux personnages) enfonce l'embout de son pistolet drogueur dans le gosier du malheureux animal.
Enfin, malheureux...restons méfiants. J'y reviens après que vous aurez observé de vos yeux ébaubis ce spectacle édifiant de technicité et de...bon, j'envoie les photos.


La jeune bergère qui aide Fanny, c'est Aurélie, de Lyon. Pas tout à fait de Lyon, d'ailleurs, mais d'un bled à chapeaux à côté de Lyon, que si vous en dites du mal elle vous fera la tête au carré parce qu'elle est gentille mais quand même. Vous pouvez la croiser dans la Roya où elle travaille en ce moment même avec les bêtes à laine. Plus tard, d'ailleurs, elle se verrait bien élever des moutons à laine dans son pays.
Toutes les photos présentées ici, sauf indications contraires, n'ont pas été retouchées par ordinateur (hors recadrage éventuel).
1 commentaire:
Ah la jeunesse, c'est plus ce que c'était!
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